Et la Pépinière citoyenne fut co-créée !

Et la Pépinière citoyenne fut co-créée !

Compte rendu de la réunion de co-création de la pépinière citoyenne d’Uccle

Cette soirée du 16 septembre 2019 fut une franche réussite. Une trentaine de personnes aux profils variés (échevin·e·s, responsable des espaces verts, membres du conseil communal, riverain·e·s, naturalistes, associations, maîtres maraîcher·e·s…) étaient présentes à la Maison des Arts d’Uccle. L’objectif de la soirée : présenter le projet Pépinière citoyenne au public, et co-construire une vision pour l’établissement d’une pépinière participative d’arbres fruitiers sur un terrain des Espaces Verts de la commune d’Uccle. Le moins qu’on puisse dire, c’est que la motivation des personnes présentes et la bienveillance générale ont favorisé l’intelligence collective du groupe. En trois petites heures, une vision partagée se dégageait clairement.

Un modèle qui Fait se rencontrer les besoins des différent·e·s acteur·rice·s

Dans un premier temps, chaque personne était invitée à exprimer un besoin ou une attente pour la pépinière. Ces besoins, issus d’acteur·rice·s différent·e·s, ont été rapprochés pour trouver des arrangements communs, qui seront les lignes directrices du projet. Ont été actées les orientations suivantes :

  • Une implication citoyenne dans un dispositif communal. Cela correspond à l’envie de la commune d’ouvrir son site des espaces verts (EV) aux citoyens (transparence, participation) et à un besoin citoyen de pouvoir s’impliquer avec des débouchés concrets et long-terme, soit ici la croissance de plants en pépinière, qui seront ensuite destinés à être plantés dans la commune une fois matures. Et ceci avec un dialogue continu, notamment pour déterminer les plantes nécessaires en ville selon plusieurs critères, plantes qu’il faudra multiplier en pépinière.

  • Des arbres au rôle conservatoire. Des variétés anciennes et labellisées (RGF, Certifruits) seront notamment sélectionnées, pour favoriser leur multiplication et leur croissance en ville.

  • Des plantations dans l’espace public, vers le bien commun. Le cadre du subside GoodFood et l’accord du collège communal imposent à ce stade que les plantations soient destinées à l’espace public d’Uccle. Cela permettra de toucher un maximum de monde et de développer des usages de commun. A long terme, il est possible d’envisager de transplanter la production vers d’autres espaces, comme des espaces privés, avec un usage commun lui aussi, et ce pour toucher encore plus de monde et avoir un impact sur les intérieurs d’îlot.

  • Développer de la formation-action. La pépinière sera un lieu de formation à des techniques horticoles, nécessitant des expertises précises, mais aussi un espace d’échange de savoirs-faire, de partage et de transmission.

  • Des activités de sensibilisation. Dans un contexte d’urgence écologique et de fragilité des systèmes alimentaires, les activités de la pépinière et les aménagements finaux auront une fonction de sensibilisation à ces enjeux pour tous publics.

  • Une coordination centrale structurée pour assurer la facilitation et la planification. Des personnes de confiance pourront assurer l’accès au site, l’interface avec la commune, assurer un agenda clair, régulier et transparent, et accueillir les personnes souhaitant s’investir dans la pépinière.

  • Une structure juridique pour assurer cette coordination. La structure d’Association Sans But Lucratif par exemple, correspond à ces besoins. L’ASBL Promotion des espaces publics et des espaces verts publics semble tout indiquée pour ce faire, il est possible qu’elle soit intégrée par le groupe porteur du projet.

  • Une production spécialisée. Pour se différencier des pépinières rurales classiques, l’accent sera mis sur la participation citoyenne, les formations, mais aussi les plantes fruitières, adaptées aux changements climatiques et au contexte urbain, ce qui implique une sélection d’essences à multiplier sur une surface restreinte.

  • Un rythme de production didactique. La production de plantes se faisant par cycles annuels, il y aura chaque année sur la pépinière des plantes à différents stades de développement, ce qui présente un intérêt pédagogique. Par ailleurs, du matériel végétal (comme des porte-greffe ou des boutures) seront importés les premières années, ce qui permettra de produire rapidement des plantes, et ainsi d’assurer une crédibilité court-terme au projet.

Un modèle capable d’assurer une activité pérenne

3 axes stratégiques ressortent pour assurer la pérennité de ce type de projet : développer des services payants, décrocher des subsides/conventions ou fonctionner sur la sobriété et le volontariat. Les participant·e·s aux ateliers ont pu exprimer les arguments en faveur de chacun de ces axes, ainsi que leurs réserves quant à ces différentes stratégies. La structure en charge de la pépinière explorera donc dans un premier temps d’autres possibilités de financement, d’un subside GoodFood vers des subsides européens, des fondations, fonds de compensation ou encore des conventions avec la commune d’Uccle. Le public a également émis les réflexions suivantes :

  • La recherche de subsides peut causer un fonctionnement irrégulier, capable de ralentir la dynamique d’un projet. Cette recherche devrait être planifiée en partant des besoins du projet

  • Il est important de développer un plan financier rendu public pour assurer cette planification, reconnaître la valeur économique créée et s’en servir comme argument pour convaincre de la viabilité du projet. Par exemple, estimer les différents avantages d’une pépinière et les coûts évités (marchés publics d’achat d’arbres, de formation du personnel…) peut convaincre un conseil communal

  • L’auto-financement et la sobriété sont capables d’augmenter l’autonomie et la flexibilité du projet

L’orientation globale du modèle financier pourra évoluer à long terme. Par ailleurs, le succès de la pépinière citoyenne d’Uccle pourrait également provoquer la naissance d’autres pépinières urbaines, avec un modèle similaire ou différent, poursuivant des objectifs similaires.

Les pépites des participant·e·s

Chaque personne dans la salle a également pu poster librement toute idée capable d’aider le projet : les risques dont il faut tenir compte, les filons à explorer, ainsi que des ressources à partager. Stratégies spécifiques, réseaux à mobiliser, développement de l’aspect historique, recherche sur le goût, coups de main… Tout ceci est lisible sur l’image (cliquez pour l’agrandir).

Et maintenant ?

Ce n’est que le début ! Il nous reste à nous retrousser les manches pour assurer la suite ! Les prochains jalons sont le mois de novembre 2019, où le terrain doit être prêt à accueillir les premières plantes, et le mois de mai 2020, où le subside GoodFood s’interrompt. D’ici-là, il reste beaucoup à faire :

  • Constituer le groupe porteur, rejoindre une structure juridique, répartir des rôles et définir sa gouvernance interne

  • Mettre au point un plan financier, assurer la pérennité financière de la pépinière

  • Définir le design de la pépinière, les arbres à multiplier, les stratégies de production

  • Définir un calendrier des tâches, investir le terrain, préparer le sol, commander les plantes…

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