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Jardin potager des tanneurs: le dernier espoir

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Cela fait maintenant 4 mois que nous luttons pour tenter de sauver le dernier espace vert de la rue.

Nous avons rencontré dans la mesure de nos moyens tous les politiques et institutions :

Le bourgmestre Yvan Mayeur, la nouvelle ministre de la ville pour le Logement, l'Environnement et le Bien-être des Populations, mais aussi le Foyer Bruxellois qui nous a mis face à leur solution rustine qui était à prendre ou à laisser.

Cette réunion nous a fait clairement prendre conscience de notre impuissance face au pouvoir public.

La situation est la suivante : il est impossible institutionnellement ou juridiquement d'arrêter la construction des 4 logements sociaux, qui est pour nous une erreur politique. La grande majorité des politiciens que nous avons rencontrés salue notre initiative et en souligne la nécessité, mais 2 arguments reviennent sans cesse: le besoin urgent de logement sociaux, et le fait qu'arrêter la procédure à l'heure actuelle impliquerait des dédommagements envers les promoteurs immobiliers.

La construction de cet immeuble permettra certes de loger 4 familles, mais privera surtout tout un quartier d'un espace vert, rarissime dans cette zone. Et c'est ce sacrifice que nous refusons.

Le dernier espoir: une mobilisation citoyenne.

Si chacun de vous parvient à faire signer la pétition à 10 personnes, alors nous passerons de 1700 signatures à 17.000! Et là peut-être pourrons-nous être entendu.

Le Comité de Défense du Potager des Tanneur

https://14609.lapetition.be/

https://www.facebook.com/pages/Le-Potager-des-Tanneurs-Moestuin-aan-de-Huidevetterstraat/800531866646334?ref=notif¬if_t=page_new_likes

Depuis le mois de mars, avec les enfants du quartier, nous avons spontanément créé un potager urbain sur un terrain vague appartenant à la Ville de Bruxelles, abandonné aux détritus, encombrants et crottes de chiens depuis de nombreuses années. Cet espace situé au coin de la rue des Tanneurs et de la Querelle, dans les Marolles a été rebaptisé « Jardin du Bonheur » par les habitants du quartier car ce petit oasis de verdure est très vite devenu bien plus qu’un simple potager : localisé à un point géographique stratégique, il est devenu un lieu fédérateur pour le quartier, une aire de rencontres, de mixité et de métissage, d’éducation, de participation citoyenne et d’intégration pour les enfants, les habitants et les usagers du quartier.

Les voisins, sceptiques au départ, s’accordent à dire qu’il est un petit miracle : les enfants du quartier, d’habitude plus prompt à le détériorer qu’à l’embellir, se prennent au jeu et s’investissent dans le projet. Ils s’activent à retourner la terre, semer fleurs et légumes, à nettoyer la parcelle, construire une table,... tout cela sous le regard ébahi et enthousiaste des voisins. Les murs invisibles entre les différents groupes sociaux, culturels, religieux du quartier s’écroulent autour du potager. Le Jardin est régulièrement animé par petits et grands lors d’activités de jardinage, artistiques (en partenariat avec l’académie des arts de la rue), par des goûters, des cafés, des apéros,... Bref, ce jardin est devenu la place du village. Catalyseur social et citoyen, il permet aux habitants du quartier de se créer un véritable espace de rencontres, d’activités ressourçantes au grand air,... mais aussi aux enfants de (re)créer un contact à la terre ainsi qu’une conscience de l’intérêt collectif.

Mais le 18 août, à la demande du Foyer Bruxellois, tronçonneuses, bulldozers et grues vont s’activer pour transformer le dernier espace vert de la rue en un bâtiment de 4 logements sociaux. Nous sommes conscients de l’urgence qu’il y a à Bruxelles de trouver des logements, mais cela ne peut se faire au détriment du bien-être de la population. Dans un quartier aussi densément peuplé que les Marolles, détruire cet espace de convivialité va provoquer une asphyxie et un sentiment d’enfermement pour tous ses habitants et usagers. La politique du construire à tout prix entreprise par la Ville de Bruxelles a déjà suffisamment défiguré les Marolles.

Dernièrement, les grands arbres de la rue de l’Hectolitre ont été rasés pour y installer une crèche et ceux de la rue des Capucins vont subir le même sort très bientôt. Une véritable hécatombe. Il n’est pas juste que les habitants du centre-ville aient à sacrifier ses derniers espaces vert pour supporter le poids du boum démographique alors que certaines communes avec une densité moindre et un maillage vert privilégié sont bien loin de ces problématiques. La facture écologique et sociale ne peut plus durer, c’est maintenant vital de coordonner le futur urbanistique de Bruxelles. Dans un contexte de densification, chacun doit prendre ses responsabilités de manière durable et respectueuse de tous. Et parce que les citoyens moins aisés ont les mêmes droits que les plus riches, priver des centaines de familles de leur seul espace vert pour le remplacer par 4 logements sociaux nous parait tout simplement injuste, disproportionné et irresponsable. À long terme, c’est l’ambiance et la qualité de vie dans le quartier qui vont se détériorer.

L’implantation de ces nouveaux logements ne fera qu’amplifier le sentiment d’injustice déjà important depuis la récente construction de la crèche de la Querelle qui a coûté 3.735.000 euros... pour 36 bébés. Facture amère pour tous ces habitants à qui ont dit qu’il n’y a pas d’argent pour la rénovation. Surtout que l’édifice impose un mur aveugle devant les fenêtres des locataires des blocs, qui n’ont plus ni soleil, ni lumière, ni vue.

La colère et le sentiment d’injustice gronde dans le quartier et la construction de cette haute bâtisse qui va anéantir la seule petite Amazonie des habitants des HLM et de la rue des Tanneurs risque d’encore augmenter la tension.

Lundi 23 juin, nous avons rencontré le bourgmestre, Yvan Mayeur, au potager. Il a entendu, compris et soutient notre position. Mais pour lui, annuler la construction d’un logement aujourd’hui serait un suicide politique. Il nous avait promis une seconde rencontre en présence du Foyer Bruxellois, mais il n’en sera rien.

Le 18 août, quand les tronçonneuses et les bulldozers arracheront les grands arbres, extermineront les fleurs, détruiront les bancs et tables des enfants du Jardin du Bonheur, quand le béton recouvrira la terre, la rue devenue sans soleil sera aussi sans rires et chacun repartira chez soi dans son petit ghetto personnel....

“L’énergie du vert donne l’espérance et la guérison aux humains aujourd’hui menacé par une catastrophe écologique“

Pour le Comité de Défense du Potager des Tanneurs,

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17 août: La biodiversité dans l'assiette + Radio "dans le plus simple appareil"

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